Texte de Christiane Laforge
lu à la présentation de Thérèse Fournier
au Gala de l'Ordre du Bleuet, le 15 juin 2013

Chaque vie est une œuvre d’art. Les émotions s’insinuent dans les couleurs qui épousent des lignes. Liées les unes aux autres elles composent la personne ainsi devenue « Elle ». Et si chaque point de chaque ligne était le fil tissé de nos rêves? Alors, nous comprendrions pourquoi Thérèse Fournier se définit en traits subtils évoquant la dentelle et la corolle des fleurs. L’aquarelliste trempe ses pinceaux dans l’eau vive de tout ce qu’elle éprouve… Dans ses veines, dira-t-elle. Et pour cause!

Issue d’une famille de dix enfants, elle s’incline devant le pragmatisme paternel qui exige des enfants Bouchard de pratiquer un « vrai » métier; en l’occurrence, l’enseignement pendant trois ans et, un peu par défi, les soins infirmiers pendant 12 ans; pour finalement revenir à l’enseignement, cette fois en arts plastiques. En fait, la vraie nature de Thérèse s’épanouit auprès d’une mère artiste qui peint, dessine, joue du piano et traque dans les nuages les jeux d’ombre et de lumière.

Cette influence est si forte que, la conjointe de Jacques Fournier, mère de quatre enfants, s’accroche à son rêve tout en cumulant ses obligations parentales et professionnelles. Entreprenant un baccalauréat en arts plastiques à l’Université du Québec à Chicoutimi, elle explore différentes disciplines, expérimente plusieurs médiums : eau-forte, encre, sculpture, pierre à savon, émail sur cuivre, huile. Petit à petit, l’art s’empare de tout le temps de sa vie. En 1978, forte de l’appui de son mari, elle prend le risque de quitter l’enseignement pour se consacrer totalement à sa vocation d’artiste. Sa rencontre avec l’œuvre du peintre Jean-Paul Ladouceur la confronte à de nouvelles perspectives où les préjugés à l’égard de l’aquarelle ne prévaudront pas contre sa fascination pour ce médium qu’elle adopte définitivement en 1985, sous la direction de Pierre Tougas.

« L'aquarelle, c'est le prolongement de mes veines, de mon sang, affirme-t-elle. Cela fait partie de moi. J'ai un profond respect pour ce médium. »

Jusqu’en 1990, elle poursuit sa formation auprès de Nicole Foreman, Jean-Paul Ladouceur, Judy Betts, et participe à de nombreux salons de groupes et expositions solos au Québec, aux États-Unis, en Hollande et en France. Sa participation, en 2007, à la grande exposition internationale qu'organise la Société des Beaux Arts au Carrousel du Louvre en France figure parmi ses souvenirs les plus percutants.

Quand elle peut, enfin!, s’abandonner pleinement à sa passion, Thérèse Fournier est loin de s’isoler dans ses jardins fleuris où de plus en plus d’enfants s’ébattent joyeusement. Convaincue de ne pouvoir peindre que le bonheur, l’aquarelliste ne peut taire l’enseignante. Ses convictions en la valeur de l’art qu’elle pratique l’entraînent à multiplier les moyens de partager les fruits de ses nombreuses expériences. Outre une quarantaine d’émissions de peinture en direct à la télévision communautaire, elle donne des ateliers et contribue pendant plusieurs années à animer la Journée mondiale de l’aquarelle au Centre national d’exposition de Jonquière. Journée décrétée en 2001, grâce à l’initiative du président de la Société d'aquarelle du Mexique, Alfredo Guati Rojo. Elle participe à différents symposiums comme artiste invitée, mais aussi à titre de présidente d’honneur, notamment au symposium Villages en couleurs de L'Anse-Saint-Jean–Petit Saguenay en 1997, au 21e Symposium de Baie-Comeau en 2007 et au 1er Symposium « Rivage aux mille couleurs » de Jonquière en 2010.

Promouvoir l’aquarelle, former des élèves, transformer son atelier en lieu de rencontre pour les visiteurs de tous pays ne suffit pas à cette artiste. L’absence de lieux où exposer l’art traditionnel et figuratif contrarie l’aquarelliste. Afin de regrouper les forces et d’offrir une tribune à ces professionnels isolés, Thérèse Fournier se joint à Micheline Hamel pour fonder une association d’artistes-peintres et sculpteurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean, La Maestria, le 16 septembre 1998. Thérèse en sera la première présidente. Suivie de Jean-Paul Lapointe en 2000 et de Micheline Hamel en 2007.

Membre signataire de la Société canadienne de l’aquarelle en 1990, membre à vie de la Société des Musées canadiens depuis sa présidence d’honneur en 1992, ainsi que de l’Institut des arts au Saguenay, membre de la Société des Musées québécois depuis 1993 et de l’Institut des arts figuratifs depuis 2000, Thérèse Fournier a reçu de nombreux prix. En 1992, le prix « Marc l’Escarbot » du gouvernement fédéral lui a été décerné pour sa contribution exceptionnelle à la vie culturelle de sa région. C’est pour cette même raison que nous lui rendons hommage aujourd’hui.

Le 15 juin 2013
THÉRÈSE FOURNIER

Aquarelliste reconnue,
Fervente contributrice à la vie artistique

fut reçue membre de L’Ordre du Bleuet

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jeudi 9 mai 2013

Thérèse Fournier sur vidéo au Gala 2013


Quelques minutes pour se souvenir d'un grand moment

Gala 2013 de l'Ordre du Bleuet

Thérèse Fournier


        

POURQUOI L'ORDRE DU BLEUET

L'intensité et la qualité de la vie culturelle et artistique au Saguenay-Lac-Saint-Jean est reconnue bien au-delà de nos frontières. Nos artistes, par leur talent, sont devenus les ambassadeurs d'une terre féconde où cohabitent avec succès toutes les disciplines artistiques. Cet extraordinaire héritage nous le devons à de nombreuses personnes qui ont contribué à l'éclosion, à la formation et au rayonnement de nos artistes et créateurs. La Société de l'Ordre du Bleuet a été fondée pour leurs rendre hommage. La grandeur d'une société se mesure par la diversité et la qualité de ses institutions culturelles. Mais et surtout par sa volonté à reconnaître l'excellence du parcours de ceux et celles qui en sont issus.